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icones/masque32.pngContes Soninké - Boubou et walli

BOUBOU ET WALLI



Il y a de cela très longtemps deux jeunes gens étaient amis, l’un s’appelait Boubou et l’autre Walli
Ils aimèrent la même fille. Cette fille aimait Walli plus que Boubou.
Boubou s’était fâché et il lui fallait coûte que coûte trouver un moyen d’humilier Walli
Avec son captif, ils ourdirent un complot pour humilier Walli.
La nuit venue, le jeune captif se leva, s’en alla derrière le village (1) il, ramassa beaucoup d’excréments humains, les pétrit, en remplit sa gourde et revint au village.
Quand Walli et son amante se couchèrent, enlacés, dans un profond sommeil, le captif arriva, détacha le pantalon de WaIli, y déposa une partie des excréments et en éparpilla aussi entre eux. Il quitta les lieux et alla en déposer devant la porte de la chambre de la belle- mère ensuite il en déposa sur le lieu de prière du père, puis dans la cuisine, au milieu du foyer, et à l’entrée du vestibule.

boubouwalli.jpg


Un moment plus tard, la jeune fille sentit une odeur nauséabonde, elle se leva, réveilla le jeune homme, et lui dit qu’il avait déféqué; il répondit:
«Non je n’ai pas déféqué, il n’y a rien de vrai dans tout cela.»
Et comment, tu n’as pas déféqué, mes mains sont tombées sur des excréments.»
WaIli se redressa, puis s’assit, détacha son pantalon, passa ses mains entre ses fesses, celles-ci touchèrent des excréments, il dit
«C’est la vérité, j’ai effectivement déféqué. » La fille le gronda, le gronda et lui dit: «Si tu sais que tu as la diarrhée, pourquoi viens-tu dormir près de moi ?»
Le bruit réveilla la mère qui fit remarquer à sa fille : «Si un tel événement arrive à un fils de noble comme lui, tu dois le protéger (2) ».
La mère ne put dormir; en sortant de sa chambre elle glissa sur l’excrément qui était déposé devant sa porte et voulant savoir ce que c’était, elle le toucha avec ses mains et le sentit; elle dit « Tiou ! tiou ! tiou ! Ce dégoûtant en a laissé ici aussi »
La mère prit le parti de sa fille, ensemble elles grondèrent WaIli.
Le père se réveilla, gronda la mère et sa fille et leur dit ceci
« Vous ne devez faire aucun bruit autour de cette affaire.»
Il prit sa peau de prière pour aller prier, mais au moment où il voulait l’étaler, celle-ci effleura
L’excrément, il le toucha avec ses mains, le sentit et dit
«Dieu est grand, ce dégoûtant en a laissé ici aussi.»
Le père prit le parti de sa femme et de sa fille, ensemble ils grondèrent, grondèrent WaIli. Ils continuèrent leur tapage, et quand l’heure de cuisiner arriva, pour leur captive, elle se réveilla et dit
«Même moi qui suis captive, je vous place au-dessus de tout cela. Vous devez protéger ce que Dieu a destiné à un fils de noble. »
Elle alla dans la cuisine pour enlever la cendre dans les foyers (3) afin de pouvoir cuisiner ; ses mains tombèrent sur des excréments, elle les sentit et dit:
«Rien ne peut protéger cet enfant, il a sali toute la famille. »
La captive aussi se joignit à ceux qui le grondaient. A la mosquée, la prière venait de prendre fin l’iman en revenant chez lui entendit du bruit à travers le mur (4), il dit
. «C’est la volonté de Dieu.»
Il voulut entrer dans la maison pour sauver Walli en entrant dans le vestibule il glissa sur un excrément, le sentit et dit
«Rien ne peut sauver cet enfant, il en a laissé ici aussi.»
L’iman se joignit à ceux qui discutaient. Pendant ce temps Walli chercha à se sauver et s’en alla de par le monde pour échapper à la honte.
La fille épousa au dernier moment Boubou qu’elle avait pourtant refusé auparavant.
Ainsi donc, la femme n’aime aucun homme, sinon elle aurait protégé WaIli et refusé d’épouser Boubou.

(1) Expression pour «aller faire ses besoins».
(2) Le protéger de la honte publique
(3) Foyer pour cuisiner, constitué de trois pierres, généralement.
(4) Il fut mis au courant par les commères.
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Date de création : 03/11/2006 @ 19:20
Dernière modification : 01/02/2010 @ 03:49
Catégorie : Contes Soninké
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