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icones/masque53.pngContes peul - Lécureuil, le chasseur et le crocodile


L’ÉCUREUIL, LE CHASSEUR ET LE CROCODILE


Ecoutez bien l’histoire du chasseur et du crocodile. Bon. Un chasseur était allé chasser en brousse. Au cours de sa chasse, il tira sur une bête. Bien. C’était une gazelle. Il venait de la mettre sur sa tête lorsqu’il rencontra un crocodile dans un bas.fond. Le bas.fond était à sec, il ne restait que de la boue, et le crocodile était sur le point de crever par manque d’eau.
Le crocodile lui dit «Je t’en prie, chasseur, moi je suis un enfant de l’eau, toi tu es un enfant de la brousse. Tout cela, c’est la même chose. Je t’en prie, au nom de Dieu, prends.moi sur ta tête. Tu connais la brousse mieux que moi puisque tu y circules et que tu y chasses, prends-moi, emmène- moi jusqu’à l’étang là-bas, dépose-moi là, et tu auras ta récompense si j’échappe à la mort.»
Le chasseur lui répondit «C’est bon.»
Il déchargea sa gazelle, qu’il déposa dans un taillis, il ôta son pantalon et en fit un tortillon, il prit le crocodile sur sa tête et l’emmena à une mare, où il le déposa.
Lorsque le crocodile fut étendu dans l’eau, le chasseur se retourna pour en sortir. Le crocodile lui attrapa la cheville. Flac
«Eh ! Crocodile, que se passe-t-il ? Pourquoi m’as-tu attrapé?
— Oh ! Laisse-moi me reposer. Maintenant je suis fatigué.»
Le crocodile lâcha la cheville mais lui attrapa la jambe et commença à tirer.
«Crocodile, lâche-moi !»
Le crocodile répondit : «Non ! Voilà trois jours que je n’ai pas mangé, je ne te lâcherai pas. Puisque tu m’as amené dans l’eau, je te mangerai.
— Bon. C’est bien.»

chasseur.jpg

A ce moment, un écureuil qui souffrait de la soif était venu boire. Il trouva le crocodile en train de se disputer avec le chasseur.
«Qu’est-ce qui vous arrive ? Qu’est-ce qui vous arrive ? Arrêtez-vous, arrêtez-vous. Je vais arbitrer votre différend.»
Le crocodile s’arrêta et cessa de tirer le chasseur. Bon.
L’écureuil demanda au chasseur
«Toi, dis-moi ce qui est à l’origine de votre palabre.
— Bon. Voici ce qui est à l’origine de notre palabre je suis sorti de chez moi, j’ai pris mon arc et je suis parti dans la brousse. J’étais à la chasse, j’ai tiré et j’ai eu une gazelle. Je lui ai enlevé la peau, j’en ai fait griller ce dont j’avais envie, je l’ai mangé, j’ai ficelé le reste et je l’ai chargé sur ma tête.
Sur le chemin du retour, j’ai trouvé ce crocodile. Il n’y avait plus d’eau, il était resté sur un endroit sec, avec de la boue seulement. Il m’a dit «Je t’en «prie, au nom de Dieu, moi le suis enfant de l’eau, «toi tu es un chasseur, enfant de la brousse. La «faim et la soif sont sur le point de me faire mourir. «Un crocodile ne peut vine que s’il y a de l’eau. «Emmène-moi vers l’eau».
J’ai déposé ma gazelle dans un buisson là-bas. J’ai ôté mon pantalon et j’en ai fait un tortillon. J’ai pris le crocodile sur ma tête, je l’ai transporté et je l’ai allongé dans l’eau. Quand le me suis retourné, il m’a attrapé la cheville. Je lui ai dit <(Eh ! Qu’est-ce qui arrive ? Pourquoi m’as-tu «attrape ? » Il m’a dit qu’il voulait se reposer. J’ai attendu, il m’a lâché la cheville et m’a pris toute la jambe. Il me tirait pour m’entraîner dans l’eau. «Quelle est la raison pour laquelle tu veux m’en- «traîner ?
Il m’a répondu «Voilà trois jours que je n’ai «pas mangé. Puisque tu m’as pris et apporté dans l’eau, «c’est toi que je mangerai. Cela me redonnera des «forces». Tel est mon différend avec le crocodile. C’est Dieu qui t’a fait venir pendant que tu buvais, et tu as entendu notre palabre.
— Bon. Crocodile !»
Le crocodile répondit à l’écureuil «Oui.
— Le chasseur est hors de l’eau. Toi aussi, sors, voici, viens sur ce tertre, pour que j’arbitre votre différend, et que tu puisses manger le chasseur.
— Bon. C’est bien.»
Le crocodile sortit, lâchant la jambe du chasseur. L’écureuil passa le premier, suivi du chasseur, puis du crocodile, et ils arrivèrent sur une lande, loin de l’eau.
«Bon ! A toi maintenant, crocodile, donne ta version de l’histoire.»
Le crocodile dit : «Moi, je me trouvais au pâturage, l’eau avait disparu, je ne trouvais pas de quoi manger. Ce chasseur a passé près de moi, il portait une gazelle sur la tête. Je l’ai imploré «Prends moi sur ta tête, emmène-moi vers l’eau. «Moi je suis un enfant de l’eau, toi tu es un enfant «de la brousse. C’est la même chose.» Il a ôté son pantalon, il en a fait un tortillon, il m’a pris et m’a mis sur sa tête. Il m’a porté vers l’eau et il m’y a allongé. Moi, voilà trois jours que la faim me tient, avec la soif, et je n’y vois plus rien. Dans ces conditions, je ne pouvais pas le laisser, je veux le manger.
— Bon ! C’est bien. Mais comment te portait-il sur sa tête ? Chasseur, montre-moi comment tu le portais.»
Le chasseur ôta son pantalon, en fit un tortillon. L’écureuil se fit préciser par le crocodile
«Est-ce bien ainsi qu’était le tortillon en question?
— C’est cela.
— Bon. Et au moment où il te portait sur sa tête, tu étais allongé comme maintenant, ou bien étais-tu roulé en boule? »
Le crocodile lui répondit
«Non, j’étais roulé en boule.
— Bon. Roule-toi comme tu étais roulé pendant qu’il te transportait.»
Le crocodile se roula en boule tout comme lorsque le chasseur le transportait.
«Bon. Toi, chasseur, soulève-le et prends-le sur ta tête pour que je voie comment tu le portais, pour que je puisse arbitrer votre différend.»
Le chasseur souleva le crocodile et le mit sur sa tête.
«Tu l’as bien sur ta tête?
— Oui, je l’ai bien sur ma tête.
— Bon. Chasseur, lui, est-ce qu’il n’a pas dit qu’il voulait te manger lorsqu’il est entré dans l’eau ? Eh bien ! Maintenant n’est-il pas sorti de l’eau ? Il est entre tes mains. Tu vois bien qu’il est sur ta tête. Eh bien si c’était bon pour lui que tu sois mangé, emporte-le chez toi et mange-le avec tes enfants.»
Bien. Le chasseur se mit à courir avec le crocodile sur la tête, puis il le jeta par terre chez ses enfants et le tua. Laissant ses enfants occupés à lui enlever la peau, il revint prendre sa gazelle. Bien. Le crocodile était mort.
L’histoire est terminée. Elle montre qu’il est mal de trahir la confiance d’autrui.
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Date de création : 19/06/2007 @ 19:47
Dernière modification : 02/02/2010 @ 04:28
Catégorie : Contes peul
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