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L’ECUREUIL, L’ÉLÉPHANT ET LE CHAMEAU L’écureuil alla donc chez le sultan et se présenta à lui. Le sultan l’accueillit et l’écureuil salua le sultan. Puis il dit au sultan : «Je suis venu te demander quelque chose.» Le sultan lui dit «C’est bien. Et que désires-tu? » Il répondit au sultan : «Donne-moi un grand champ, j’irai le nettoyer et le cultiver. » Le sultan dit alors à l’écureuil «Es-tu capable de cultiver ? » L’écureuil répondit: «Je trouverai bien le moyen d’avoir deux personnes qui me le cultiveront. » Le sultan lui demanda alors des précisions «Et qui sont ces deux personnes? » Il répondit «Je le ferai cultiver par un chameau et un éléphant.» Le sultan lui dit «Ecureuil, tu as beau être rusé, tu dis des mensonges. Le chameau avec la taille qu’il a, et l’éléphant, grand comme il est, tu vas trouver le moyen de les réunir pour qu’ils cultivent ton champ, tu vas cultiver avec eux, petit comme tu es ? Il répondit alors au sultan : «Quant toi, si tu me le permets, et que tu me donnes un coin de brousse, qu’est-ce que cela peut te faire ? Tu verras bien comment je les ferai cultiver.» Alors le sultan lui répondit et lui dit : «Va. Dans la brousse qui m’appartient, va chercher un endroit qui te convienne, si tu connais un endroit où il y ait de la bonne terre qui puisse produire du mil, soit du jaune, soit du rouge, soit du mil de repiquage, soit du mil chandelle et toutes les variétés de mil, là où tu sauras qu’il pourra mûrir. Vas-y, je te le donne, tu as mon autorisation. Cultive tant que tu voudras.» L’écureuil lui dit «Merci, sultan, je te remercie bien. » ![]() Le chameau lui dit «Qui est là?» Il lui répondit : «Moi, l’écureuil. — Bon, approche.» L’écureuil vint, s’assit et salua le chameau. Puis il lui dit «J’ai une bonne affaire pour nous, pour moi, pour toi et pour l’éléphant. — Bien. Et quelle est cette bonne affaire? — Voilà, le sultan m’a donné toute cette brousse, et il m’a dit de t’appeler, avec l’éléphant, pour que nous allions la débroussailler, que nous y fassions notre champ et que nous le cultivions. Notre mil y mûrira et nous le ramasserons. — C’est bon. Tu sais que le mil, c’est essentiel à la famille, c’est essentiel à la vie. — Bon. Et quand nous aurons ramassé notre mil, ce sultan, nous lui briserons le cou, et l’un d’entre vous règnera. Moi, l’écureuil, avec ma petite taille, je ne suis pas capable d’être chef, ce sera l’un de vous deux, soit toi, soit l’éléphant, qui deviendra chef.» Le chameau répondit «Oui, c’est vrai. Es tu allé avertir l’éléphant? » L’écureuil lui dit «Non, je n’y suis pas allé, je suis venu d’abord chez toi pour que nous en discutions. — Bon, alors, allons aussi chez l’éléphant.» L’écureuil marchait en tête, suivi du chameau, et ils allèrent se présenter à l’éléphant. Celui ci les accueillit. Ils se saluèrent. L’écureuil lui dit «Voici ce que nous avons conclu avec le sultan; il m’a remercié et il te remercie, il m’a dit qu’il nous donnait tel endroit pour que nous allions le débroussailler et le cultiver, pour y avoir notre récolte. Bon. Et parmi vous, s’il y en a un qui désire la royauté, eh bien ! Moi, je trouverai le moyen, avec ma ruse, de faire sortir le roi de son palais, lui seul, sans serviteurs, sans couteau et à plus forte raison sans fusil, et celui d’entre vous qui désire la royauté n’aura qu’à tuer le sultan et prendre sa place. Quant à moi, je ne suis pas capable d’exercer la royauté, je suis trop petit.» L’éléphant dit : «C’est bien. Montre-nous le terrain qu’il t’a donné.» L’écureuil vint et ils firent le tour de la brousse. «Bon. Allons mettons-nous au travail.» L’écureuil coupait l’herbe avec ses dents, le chameau cassait les arbres, l’éléphant cassait les arbres, et l’endroit fut complètement nettoyé. Ils rentrèrent chez eux et ils y restèrent quelque temps. Pendant cinq jours, il y eut du soleil. L’herbe et les arbres, tout devint sec. Ils revinrent y mettre le feu. Ils rentrèrent chez eux et ils y restèrent deux mois. Le troisième mois, la pluie se mit à tomber. Bon. L’éléphant et le chameau demandèrent alors à l’écureuil «Comment vas-tu nous procurer des graines? » L’écureuil leur répondit : «Oh ! Les graines, c’est facile. Je vais m’en procurer.» L’écureuil entra dans la ville, il s’y promena et il apprit qu’il y avait un homme possédant un grand grenier qui contenait du mil jaune. L’écureuil vint donc sous le grenier. Il n’arrêta pas de creuser jusqu’à ce qu’il eut troué le grenier, qui, une fois percé, laissa s’écouler le mil. L’écureuil en emporte et le met de côté, jusqu’à ce qu’il ait une quantité suffisante pour la semence. «Bon. Allons-y, j’ai suffisamment de graines.» Le chameau vint prendre le mil qu’il mit dans un sac. L’écureuil prit un plantoir et fit les trous. L’éléphant sema, jusqu’à ce qu’ils aient ensemencé tout le champ. Ils rentrèrent chez eux et y restèrent sept jours. La pluie tomba, le mil sortit et l’herbe fit son apparition. Courbés vers le sol, ils sarclèrent le champ. L’écureuil dit alors au chameau et à l’éléphant ( L’écureuil alla inviter le coq. Le coq répondit «Oui — Demain j’organise un travail en équipe. — Tu vas organiser un travail en équipe? — Oui. — Bon, c’est bien. Mais, au moins, tu n’invites pas le chat ? — Non, je ne l’inviterai pas. — Bon, alors je viendrai.» Le lendemain matin, le coq prit sa houe et alla retrouver l’écureuil, le chameau et l’éléphant qui étaient en train de sarcler. Courbé vers le sol, le coq sarclait ; il sarcla près de deux rangées de plants. Le chat se présenta. «Eh t écureuil, ne m’avais-tu pas dit que tu n’amènerais pas le chat ? — Si, mais il passe seulement par ce chemin, il ne vient pas dans mon champ. Tiens, va te cacher là-bas, mon cher coq. — Bon !» Le coq alla se cacher, le chat vint et sarcla un peu, et se mit à dire «Ça sent le coq par ici, où est-ce? » L’écureuil dit «Je ne sais pas. Chat, tu sais bien croquer les poules, regarde donc où tu penses en trouver une, c’est toi qui le sais. — Oui. — Alors regarde dans ce buisson là bas.» Le chat alla manger le coq, qu’il croqua complètement, puis il se remit au sarclage. Le travail du champ fut terminé. Ils rentrèrent chez eux et y restèrent. L’herbe repoussa, et le chameau, l’écureuil et l’éléphant vinrent pour le deuxième sarclage. L’herbe sécha et le mil put grandir. Ils rentrèrent chez eux et y restèrent. L’écureuil dit alors au sultan «Le mil sera bientôt mûr, construis-moi des greniers.» Le sultan lui dit «C’est bien.» Il fit construire des greniers. Le mil mûrit et le moment de le couper arriva. «Bon ! Allons y, éléphant, chameau et moi l’écureuil, allons le couper.» Ils vinrent, ils coupèrent les tiges de leur mil, puis ils séparèrent les épis. Ils les ramassèrent et les mirent en tas. C’est bon. L’écureuil alla dire au sultan «Est ce que tu es prêt? As-tu fait construire les greniers? » Le sultan lui dit «C’est fait. — Bon ! Notre mil, tel jour nous l’avons coupé et entassé, et tel jour nous allons le battre. Et quand nous l’aurons battu, je m’arrangerai pour que l’éléphant s’en aille, je m’arrangerai pour que le chameau s’en aille aussi. Quant à toi, tu prendras le mil, tu l’emporteras et tu le rentreras chez toi. Toi et moi, nous aurons de quoi manger. — Bon ! C’est bien. » L’écureuil revint et dit au chameau et à l’éléphant «Demain, battons notre mil. — Bon ! On s’y mettra, on le battra.» De bon matin, l’écureuil prit un bâton, le chameau prit un bâton, l’éléphant prit un bâton, et ils vinrent battre le mil. Ils le vannèrent, le mirent en tas et le laissèrent en place. «Bon ! Allons y, dis nous ce qu’il reste à faire. — Toi, éléphant, va chercher de l’eau. — Bon. — Toi, chameau, toi, va chercher une grande calebasse. Quant à moi, je pars à la ville pour nous trouver des ânes. — Bon ! C’est bien.» L’écureuil alla alors chez le sultan et se présenta à lui. Le sultan répondit à son appel. «Et maintenant, sultan, trouve-moi des ânes, vite, vite, vite, et amène les.» Le sultan fournit des ânes, ainsi que ses serviteurs. Ils vinrent ramasser tout le mil, qu’ils rentrèrent chez le sultan. Puis l’écureuil dit au sultan «Donnez-moi du sang et un bandeau blanc». Le sultan prit un bandeau blanc et du sang, et les lui donna. L’écureuil vint au champ, se versa le sang sur la tête, qu’il entoura avec le bandeau et il attacha ce dernier. Il se coucha en gémissant. L’éléphant rapporta de l’eau pour qu’ils puissent boire, et le chameau rapporta une grande calebasse, et ils trouvèrent qu’il n’y avait plus de mil. «Holà I Ecureuil !» Il répondit «Hem — Qu’est-ce qui t’est arrivé? — Hélas, voilà que les serviteurs du chef sont venus me tomber dessus et me frapper, vous voyez bien, ensuite ils m’ont fracassé la tête, elle est toute en sang, ils m’ont attaché, ils ont pris tout le mil et sont repartis.» L’éléphant dit «Bon! Si c’est comme cela, ça va. Mais toi, et toute la race des écureuils, car tu n’es pas tout seul, quand j’en rencontrerai, je les détruirai tous.» L’écureuil dit : «C’est bien.» Puis il s’en alla, défit son bandeau, revint vers l’éléphant et lui dit «Eléphant, petit comme je suis, si tu me chasses, je m’enfuirai et j’entrerai dans une termitière, tu ne pourras pas creuser, et où me retrouveras-tu? Et toi, chameau, toi non plus, petit comme je suis, toi non plus tu ne pourras pas creuser, si je m’enfuis et que j’entre dans une termitière, où me retrouveras- tu ? J’ai trouvé le moyen de vous duper, quelque petit que je sois, vous avez cultivé le champ pour moi. J’ai eu de quoi manger, moi et le maître du pays. On peut être petit et méchant.» Date de création : 19/06/2007 @ 19:52 Réactions à cet article
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