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Rencontre avec Adama DRAME En 1984 lors d’un séjour à Bobo Dioulasso au Burkina Faso j’ai découvert un instrument complètement méconnu : le djembé. Complètement envouté par cet instrument je décidais d’en acheter un, et d’apprendre à en jouer. Avec mon ami Mamadou Diallo qui nous a quittés l’année dernière comme Molière sur la scène Madou c’est en « tirant » un djembé (paix à son âme), nous nous procurâmes deux djembés et l’aventure commença Les djembés étaient encore montés avec de la peau de vache maintenue par des petites chevilles de bois consolidées d’une tresse de peau. Quelques timides essais de montages avec de la ficelle et du fer à béton étaient pratiqués mais sans aucun soucis d’esthétisme ni d’ergonomie. Bricoleur par nature et perfectionniste de surcroit, je me mis à étudier ce nouveau montage et au bout de deux ans d’essais et de perfectionnements, le djembé, tel que vous le connaissez aujourd’hui, était né. Dés 1986, ma contribution a cette technique de montage fut/ la multiplication et la régularité des nœuds, l’enrobage des anneaux de fer avec du tissu, les poignées de transport, les housses, l’utilisation de corde d’escalade, le nœud autobloquant… Toutes ces améliorations ont contribuées à l’essor du djembé et la demande se fit croissante en occident, jusqu'à devenir ce qu’’elle est aujourd’hui, un quasi fléau qui as contribué à la déforestation d’une partie de l’Afrique de l’ouest. Plus de bois au Mali, en Cote d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso. Seul la Guinée dont les frontières ne se sont ouvertes que depuis peu a échappée au massacre. Malheureusement cela ne vas pas durer car les gros commerçants, lorgnent depuis un moment sur les richesses forestières de ce pays. Ils commencent à faire abattre le peu de forêts restantes au milieu de plusieurs pays en voie de désertification. Important le plus souvent illégalement les cadavres d’arbres séculaires qui, finiront, après transformation de 90% de leur masse en copeaux, dans un salon servant de support, soit à un aquarium, soit à une lampe de chevet voir plus noble encore, à un postérieur indigne, confondant instrument de musique et tabouret. Quand je suis renté en France avec mon premier djembé, les gens que je rencontrais pensaient que les Africains s’en servaient pour communiquer entre eux de village à village, et, n’imaginaient même pas que l’on puisse faire de la musique avec ce « truc». A l’heure actuelle cet instrument est devenu si populaire que son nom est devenu synonyme de tambour, au même titre que « Klaxon » pour avertisseur ou « Frigidaire » pour réfrigérateur. Si on prête attention aux décors de films ou de séries, il y a pratiquement toujours une scène ou l’on apercevra un djembé dans un coin, c’est devenu un objet usuel. Donc de retour en France je cherchais tout ce que je pouvais trouver sur le djembé, à l’époque pas de cd, pas de lecteur mp3, les cassettes et les disques vinyles constituaient le support courant de la musique. Au rayon percussion Guem, un groupe disparu peu de temps après « Zaka percussion » (élèves de guem) faisait ses premier pas, et le déjà très grand Adama DRAME ; Bien évidement, j’achetais les trois cassettes, et devint fan inconditionnel d’Adama DRAME, écoutant jour et nuit ses rythmes si riches, son jeu plein de subtilités. Cette année, j’ai eu la chance de le rencontrer, de pouvoir discuter une matinée avec lui et d’assister à une répétition du dernier concert qu’il a donné au CCF de Bobo Dioulasso, à cette occasion j’ai fait quelques photos que je vous présente ici => Répétition. Nadji d’Adama DRAME Cette rencontre fut pour moi un grand bonheur au même titre que celle que je fis il y a quelques années avec Toumani DIABATE à Bamako. Cet homme qui m’avais donné tant de plaisir avec sa musique m’en donna tout autant avec ses paroles, il me confia combien il aimait son pays, qu’il était fier d’être Burkinabé et combien il était conscient des problèmes du Burkina et de l’Afrique en général. Son dernier spectacle Nadji (les larmes), pour peu que l’on comprenne le Dioula, donne un bon aperçu de ses préoccupations du moment. Bref un grand musicien, un grand humaniste, un grand homme quoi. Cette rencontre avec une idole de ma jeunesse restera certainement un des meilleurs moments de ma vie. Date de création : 31/07/2009 @ 21:54 Réactions à cet article
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