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icones/masque17.pngContes Burkinabés - Les bons conseils

DONNONS-NOUS DE BONS CONSEILS

 
Ceci est l’histoire d’un fou qui vivait dans un village. Malgré son état de démence, il faisait partie intégrante de la vie du village. Il participait à toute sorte d’activité et venait en aide à tout le monde.
Un jour, les gens du village décidèrent d’aller à la chasse. Quand ils furent prêts pour le départ, le fou se décida de se joindre à la foule. Quelqu’un se leva et dit, si nous laissons ce fous nous suivre, ils va tuer quelqu’un en brousse et nous allons avoir des problèmes. Tout le monde acquiesça : «C’est vrai, c’est vrai !». Un autre dit alors au fou : Nous allons faire la chasse sans toi et nous allons te donner ta part de viande, au retour de la partie de chasse.
Le fou répond en disant :
- Si vous allez en brousse et que vous m’apportez de la viande, ce n’est pas suffisant. Je n’aurais pas le même plaisir que vous car je ne vais pas sentir la joie de se promener en brousse. Je veux donc aller avec vous à cette promenade.
Quelqu’un cria dans la foule :
- Je vous ai toujours dit de vous méfier des fous. Vous voyez, il va tuer quelqu’un en brousse et nous allons avoir des problèmes.
Un autre dit au fou :
- Tu vois, nous allons, au cours de cette partie de chasse, allumer le feu en brousse. Comme tu n’as pas toute ta tête à toi, ç’est très dangereux pour toi et tout le monde.
Quelqu’un d’autre répliqua. Les fous sont ainsi. Ni nous ne l’attachons pas, il risque de mettre le feu au village avant notre retour. Le fous dit alors, tu vois que tu me donnes de bonnes idées. Si je vois le feu en brousse, je mets le feu au village.
Tous se ruèrent alors sur le fou et le ligotèrent. Il sera jeté et enfermé dans une case. Les chasseurs allèrent ainsi ne brousse.
Arrivés en pleine brousse, ils tombèrent sur un gros buisson. Ils conclurent qu’il doit abriter du gibier. Il fallait alors mettre le feu pour faire sortir les bêtes. On mit le feu et un lion bondi du buisson. A la vue du lion, la panique s’empare soudainement de la foule. Les chasseurs criaient et fuyaient de tous les côtés.
Un chasseur décida alors de l’abattre avec son fusil. Dans cet atmosphère de panique généralisée, il tira dans la foule et tua un autre chasseur. Le lion s’échappa et le coup de feu suivi du cri de la victime plongèrent la brousse dans un calme irréprochable. Tout devint silencieux brusquement. La chasse fut interrompue et on décida de rebrousser chemin.
Pendant ce temps, au village, une femme qui revenait du puit entendit les rugissements du fou dans une case. Lorsqu’elle ouvrit la porte, elle ne put cacher son étonnement devant cette attitude des gens du village. Elle libera le fou en reprochant aux villageois leur méchanceté en bâillonnant un homme si gentil.
Quand le fou fut libéré, il aperçu la fumée qui venait de la brousse. Il saisit alors d’un bûché enflammé et mis le feu au village. La panique s’empara ainsi que tout le village.
Les chasseurs rejoignent le village chargé non pas de gibier mais du corps d’un chasseur mort au cours de la partie de chasse. Arrivés dans le village, ils trouvèrent les femmes en pleure devant les maisons calcinées. Le fou s’approcha alors du brancard et dit :
- ça, c’est le gibier abattu par quelqu’un de très intelligent. Il doit être très bon avec de si long bas et de si longs pieds ».
Tous regardèrent le fou et personne ne dit mot.

 La morale de l'histoire:
C’est ainsi que l’on ne répétera jamais assez qu’il ne faut pas donner des mauvais conseils qui peuvent se retourner contre vous.

       Narrateur: Mamadou Lamine SANOGO
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Date de création : 21/08/2009 @ 00:31
Dernière modification : 01/02/2010 @ 10:59
Catégorie : Contes Burkinabés
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