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icones/masque24.pngContes Burkinabés - Sira et le sorcier

Sira et le sorcier
 
Il était une fois dans la savane Ouest Africaine une belle fille qui s’appelait Sira. Sira était belle comme l’aurore. Elle avait les dents blanches on dirait du coton au soleil. Sira avait un cou droit, une poitrine bien dégagée. Les perles qu’elle portait autour de ses reins chantaient et louaient sa beauté et son charme. Sira avait tout ce qui provoque, chez un homme, l’envie de l’épouser, de la garder jalousement au fond de sa case.
Petite fille, Sira avait comme ami et compagnon Bani. Bani et Sira avait grandi ensemble et tout le village les appelait mari et femme. Leurs familles respectives avaient fini par se rapprocher car les deux enfants s’aimaient.
Quand ils sont devenus grands les parents décidèrent de respecter leur amour et de les marier. Les noces furent célébrées avec la bénédiction de tous les parents et dans la joie de tous les amis.
Mais, dans tout le village, seul Tura le sorcier n’avait pas pu contenir sa jalousie vis-à-vis de ce jeune et beau couple. Tura était très fort dans l’art occulte ou la magie noire. Il avait comme compagnon de tous les jours Satan en personne. La présence de ce compagnon de malheur se manifestait par les faits suivants : Tura était toujours survolé par le vautour à la couronne blanche. Il avait toujours les yeux rouges et ne dormait jamais le jour.
Lorsque les noces des deux jeunes époux furent célébrées, Tura entra en action. La première nuit, Sira la mariée fut frappée de terribles maux de tête. La deuxième nuit, les maux de tête persistaient et devenaient de plus en plus fréquents. La troisième et la quatrième nuit se succédèrent, le mal grandissait. A la cinquième nuit, aux maux de tête virulents s’ajoutèrent les douleurs au ventre.
Sira transpirait, criait, pleurait, souffrait. Elle fit appeler sa mère et la supplia de lui trouver le remède à son mal.
- Ma fille, lui dit sa mère, je vais réunir tous les marabouts et sorciers de notre contrée. Si toute ma fortune doit y aller, il n’y a rien de trop cher pour toi.
La mère de Sira réunit alors tous les marabouts et sacrifia la quasi totalité de son troupeau de bovins. L’opération ne fut couronnée d’aucun succès. Elle la répéta quatre fois et quatre fois rien. Les douleurs de sa fille unique persistaient toujours.
La famille du nouveau marié commence alors à perdre patience. Les jours se suivaient le mal était toujours là. Arriva alors le moment où les parents du mari conclurent que la nouvelle épouse est possédée par un démon. Elle était devenue très maigre et avait perdu tout son charme à cause de la maladie.
Les jours passèrent et on décida de répudier la nouvelle marié malade. Bani qui aimait toujours sa Sira ne pu s’opposer à la décision de sa famille. Le griot Duga fut chargé d’annoncer la mauvaise nouvelle à la famille de Sira. Le mariage n’étant pas consommé, la famille de l’épouse devait en plus rembourser les frais essentiels dépensés lors des noces.
Elle s’exécuta et Sira fut emportée la même nuit dans la discrétion, comme un bébé à califourchon, dans la case de la mère. Elles pleurèrent ensemble, toute la nuit. Sira s’en voulait de faire pleurer sa pauvre mère. Elle jura alors qu’elle épousera l’homme qui la guérira de ses maux. Sa mère la rassura qu’elle retournera auprès de son bien aimé Bani.
La nouvelle du divorce annoncée, Tura le sorcier se présenta très tôt le matin devant la case de la mère de Sira. On sentit sa présence à cause de son odeur nauséabonde et du vol des vautours. Il rassura la mère et la fille de ses bonnes intentions de mariage et de sa disponibilité à faire le bonheur de sa fille Sira.
- Ma fille est malade, complètement détruite et elle ne peux même pas se tenir debout.
- Ce n’est pas un problème, dit le sorcier, je le règle tout ça en trois jours sinon je quitte ce village et vous n’entendrez plus jamais parler de moi.
Sira qui entendait tout ce dialogue au fond de la case avait déjà pris sa décisions.
- Mère, je sais ce que tu penses de cet homme. Mais, j’épouserai cet homme, s’il me guérie.
La mère qui n’était pas d’accord avec ce choix accepta la volonté de la fille mais ne baisse pas les bras. Aussitôt que le sorcier eut commencé le traitement, la mère couru voir son frère et lui dit :
- Mon unique bébé doit épouser cet homme crapuleux. Je te prie de faire quelque chose.
- Ma soeur, dit l’oncle, que la volonté des ancêtres soit faite. Jamais notre famille n’a fait du mal à personne, que cela nous soit reconnu.
Sira fut guérit par le sorcier Tura en moins de trois jours. La fille tenant sa promesse, le mariage du sorcier fut annoncé dans toutes les contrées. Par ce mariage, Tura le sorcier tenait, à la fois sa revanche sur ses adversaires et renforçait sa crédibilité auprès de ses clients. Il se moquait de tous ces devins et autres chasseurs dont les efforts de conquête ont été vains.
Le jour du mariage arriva. On ne vit aucun vautour dans le ciel et il eut grande tornade qui chassa les convives et autres badauds venus des villages les plus éloignées. Le sorcier piqua une vive colère, au vue de cette perturbation, se retira au fond de sa case et s’endormit. Lorsqu’il se réveilla, le soleil était déjà au zénith. Il bondi de sa natte, sorti de sa case et ne vit aucun vautour. Il sentait un mauvais présage.
La nuit tomba, on prépara Sira accompagnée de quelques vieilles femmes qui survivaient grâce aux nombreuses cérémonies de mariage, baptême et autres funérailles. Le cortège de femmes arriva alors au domicile du mari Tura qui, quelque peu nerveux les accueilli, néanmoins avec beaucoup de cadeaux.
Lorsque la jeune épouse fut déposée dans son lit, il se précipita, se déshabillait et voulu tout de suite la consommer. Mais,... que constata t-il ? Il n’y avait rien entre ses jambes. Il s’étonna, réactiva le feu qui éclairait la case. C’est ainsi que Sira se rendit compte que son mari, n’avait rien entre les jambes. Elle tenta de lui tenir des propos rassurants mais il ne voulait rien savoir. Il la traita de sorcière et jura de se venger. Sur le champ, il la répudia et quitta le village dans la même nuit.
Sira ainsi guérie épousa à nouveau son bien aimé Bani et ils eurent de beaux enfants.
Grâce à l’Amour, on triomphe de la méchanceté et de la jalousie des hommes.
Devinette:
Qu’est-ce qui est vraiment nécessaire à la vie ? Quand on pose cette question, ceux qui ne sont pas intelligents pensent tout de suite à la richesse. Or il n’en est rien. Vous savez, certains n’ont aucune richesse, mais ils vivent. D’aucuns n’ont ni père ni mère, ni même frère et soeur, mais, ils vivent normalement. Même ceux qui n’ont pas d’enfant arrivent à tenir le coup. Mais ce qui vous manque et il n’est plus nécessaire de rester, c’est l’espoir.
Narrateur: Mamadou Lamine SANOGO
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Date de création : 21/08/2009 @ 02:54
Dernière modification : 01/02/2010 @ 07:35
Catégorie : Contes Burkinabés
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