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ZIE le menteur Voilà mon conte, voilà mon conte. Il y avait un homme qui était né dans un village, et qui ne faisait rien d'autre que de dire des mensonges. Il se promenait en racontant des mensonges aux gens pour qu'ils le nourrissent. Il s'appelait Zié, mais on l'appelait Zié le menteur, oui, Zié le menteur. C'est un roi qui dirigeait leurs affaires. Quand le roi n’était pas là, c'était lui qui devait prendre sa place. Comme il se trouvait, qu'il n'avait rien, il se promenait en racontant des mensonges aux gens pour être nourri ; c'est pourquoi maintenant il n avait guère de poids auprès des gens. Il n'était pas considéré. Il était donc comme ça. (R) Si j'étais à côté de toi, est-ce que tu m'aurais vu ? (Le conteur) - Je t'aurai donné de l'eau. (R) - Oiseau qui fait le brave1,agréable, Oiseau laid mais agréable. Oiseau qui fait le brave, agréable, Oiseau laid mais agréable Oiseau qui fait le brave, agréable, Oiseau laid mais agréable. Oiseau qui fait le brave, agréable, Oiseau laid mais agréable. Poursuis ton histoire ! (Le conteur) Ecoute ! Ils étaient donc comme ça. Or le roi vint à mourir. L’enterrement du roi terminé, ils dirent « Ce n'est rien ! ». Il y avait un vieux qui a dit « Bon ! Comme le roi est mort, permettez que nous examinions ensemble la question de celui qui va lui succéder. Puisque nous sommes tous réunis, tous rassemblés ici, discutons ensemble de celui qui va lui succéder dans la royauté, et installez-le ! » Il y avait un homme dans une cour, qui était riche ; à cause de sa richesse, certains on dit Donnez-lui la royauté. Le vieux leur a objecté : Non ! Ne lui donnez pas la royauté, c'est Zié qui était auprès du roi, bien sûr il disait des mensonges pour qu'on le nourrisse, mais c'est lui qui était avec le roi ; il connaissait la façon dont le roi faisait ses jugements, donnez-lui le pouvoir. Les autres ont remorqué au vieux Hé ! Zié le menteur ne nous commandera pas ! Ah ! Il est impossible que Zié le menteur nous commande ! Le vieux s'est tu. Et ils ont donné le pouvoir à l'autre. Zié le menteur était fâché. Or le roi qui était mort, avait de l'or ; Zié savait à quel endroit ; il est allé extraire un morceau d'or et l'a enfoui dans sa poche. Après qu'il l'eut caché, l'héritage du roi fut partagé. Et ainsi on donna à Zié un cheval qui appartenait au roi. Zié déclara '. « Oh ! Ce n'est pas une mauvaise affaire, j 'ai eu ce que je devais avoir ». Un jour, il s’est levé de bon matin, s'est préparé dans la cour et est monté sur son cheval. S’étant approché de l'entrée de la cour du nouveau roi, il a aussitôt sorti un morceau d'or et l'a enfoncé dans l'anus de son cheval, puis est entré avec lui. Une fois arrivé, il est descendu de cheval et l'a attaché dans la cour. Peu de temps après, le cheval a fait une crotte ; les autres ont dit : Hé ! Zié, c’est ton cheval qui crotte comme ça ! Le nouveau roi a demandé : Mais qui est donc là ? Dépêchez vous d’aller ramasser ce crottin de cheval ! Zié s'est écrié : Hé ! La crotte de mon cheval ne se jette pas, attendez, allez puiser de l'eau et venez me l'apporter ici. On est allé puiser de l’eau et on lui a donné. Zié a mis le crottin dedans et I 'a lavé. Il l'a lavé jusqu 'à en extraire l'or tout simplement. Les gens sont perplexes ! Le roi a demandé Hé, Zié le menteur, ce cheval, tu vas me le vendre, Hein? Sûrement pas, a répondu Zié, c'est à moi ça ; Dieu m'a donné ce cheval comme gagne-pain, ainsi depuis qu'il m'a été donné, chaque jour il fait une crotte et j'en extrais de l'or semblable à celui-là, je ne peux donc pas te le donner, car si je te le donne, comment ferais-je pour manger ? Oh ! reprit le roi, quelle que soit la somme d'argent que tu veux, dis-le moi, je te la donnerai pour avoir le cheval. Au nom, de Dieu, répliqua Zié, je ne peux pas te donner ce cheval il est mon gagne-pain, si tu me l'achètes, ça sera fini. Tant que le cheval n’est pas mort, chaque jour, il fait du crottin et j'en sors de l'argent. En une journée, il fait beaucoup de crottes et ainsi il y a beaucoup d'or qui en sort. Oui., mais s'il te plaît, supplia le roi, s'il te plaît, vends-le moi ! - Ce n'est rien, j'ai compris finit par dire Zié, je vais te le vendre ; étant donné que nous sommes de la même famille, la vente ne peut pas se faire comme pour n’importe qui . (R) - Si j'étais à côté de toi, tu m'aurais vu (Le conteur) - Je t'aurai donné de l'eau, Barro ! (R) - Dépêche-toi, je souffre, dépêche-toi d'aller à dire ma mère Que la roche m’a attrapé 2, et que je souffre, dépêche-toi, Je souffre, qu’elle m’apporte du sengere 3 et de la cola, Je souffre, dépêche-toi Dépêche-toi d'aller dire que je souffre, tondon, tondon Je souffre, Dépêche-toi tandalan, Dépêche-toi d'aller dite que je souffre, tandalan, Je souffre, dépêche-toi Dépêche-toi d'aller dire que je souffre, Poursuis ton histoire ! (Le conteur) - écoute bien ! Zié a ajouté : « D'accord, donne-moi cent cinquante mille francs comme ça pour le cheval » Le roi a répondu : «Bon ». Il est rentré dans la maison, a sorti les cent cinquante mille francs, les a donnés à Zié le menteur et a pris le cheval. Ceci étant fait, il a dit aux esclaves : « Que ce cheval que j'ai acheté aujourd'hui, ne courre pas, qu'on ne lui fasse rien faire, par contre, qu'aujourd'hui même on construise une maison, qu'on le mette dedans, et que chaque jour on lui donne de l'herbe pour qu'il la mâche et qu'il fasse ses crottes dans la maison. Le jour où la maison sera remplie, nous irons laver l'or et il y en aura Beaucoup ». Les esclaves se sont empressés de construire la maison, et le même jour ils y ont mis le cheval. Le cheval crottait, crottait, crottait toujours jusqu'à remplir la maison. Une fois celle-ci bien remplie, le roi déclara : « Hé ! Vraiment aujourd'hui le cheval a fait beaucoup de crottes, allons laver l'or tout de suite ». Barro, écoute bien ! Ils ont ramassé ta crotte qui avait empli toute la maison et sont allés la laver ; on n'a même pas pu sortir un grain d'or de toute cette crotte. (R)_ On n'a pas pu en sortir. Alors le roi a crié : « Hé ! Zié le menteur m'a tué, vraiment ce Zié le menteur, si Dieu le permet, vendredi prochain, au matin, c'est lui que je vais allonger par terre pour qu'on l'égorge devant tout le monde car cet homme m'a roulé. Quelqu'un est allé dire ça à Zié. Car où qu'on soit, on a toujours un ami et un ennemi. Quelqu'un donc a couru lui rapporter les paroles que le roi avait prononcées ce jour-là. Zié a répondu « Ce n'est rien! Si Dieu le veut, moi je ne mourrai pas c'est quelqu'un d'autre qui mourra «. Il s'est adressé à sa mère «Mère, ce n'est rien, mais vendredi prochain, nous irons expliquer l'affaire qui est en cours de jugement, tu me pardonneras mais J'aurai un petit travail à faire, pardonne-moi «. Elle n'a rien dit. Le vendredi est arrivé. Zié avait un coq, il l'a pris, l'a égorgé et a mis le sang dans un récipient ; il l'a dépecé et a sorti le jabot. Ceci étant fait, il a repris ce même sang, l'a reversé dans le jabot et l'a attaché au cou de sa propre mère. Ce fut cette, femme, la mère de Zié le menteur, qu'on vit pour la première fois porter une écharpe. Ce jour là il prit une écharpe, la posa sur sa tête et la lui entoura autour du cou en cachant bien le jabot. Est-ce que, si tu entoures une écharpe autour de ton cou, on peut encore le voir? (R) Ca ne se voit pas. Le jabot est donc là. Ils sont allés s'asseoir pour le jugement. Zié le menteur a dit : « C'est vrai, roi, bien sûr tu vas me tuer, c'est vrai, mais à propos du cheval, ce n est pas moi qui ai dit que je voulais te le vendre, c'est toi qui l'as vu, il' t'a plu, et tu as demandé que je te le vende, voilà pourquoi je suis venu te le vendre ; il a fait sa crotte ici même devant tes propres yeux, j'en ai extrait l'or (R). Oui j'en ai extrait l'or. ... et pourtant tu es revenu encore pour me jouer un sale tour et me tuer en disant que c'est parce que tu étais roi que tu agissais ainsi ». Sa mère s'est brusquement levée de son siège en disant. -Aïe ! Zié le menteur, tu as déjà fait une erreur, tu n’as pas raison. A peine eut-elle dit ça qu'il s'est précipité vers sa mère, l'a poussée et l'a fait tomber, il a dégainé un couteau en le sortant de sa hanche et l'a fait glisser sur l'écharpe. Il a coupé le jabot du poulet, le sang a jailli et a rougi L’écharpe. Une clameur s'est élevée. La vieille femme a été secouée de soubresauts et est restée étendue. Les gens on ditHé ! Zié le menteur a tué sa mère, il a tué sa mère ! Celui-ci a dit : Poursuivons le jugement, roi, quand ce sera terminé, je la réveillerai. - Oh ! Le jugement est terminé tout de suite, réplique le roi, si tu parviens à réveiller ta mère, alors mon jugement sera fini ; mais si tu n'y parviens pas, alors mon jugement sera toujours en cours, et tu me diras la raison pour laquelle tu l'as tuée- Bon, ce n'est rien, dit Zié, musulmans, n'avez-vous pas entendu les paroles que le roi a de nouveau proférées ? Si, répondirent-ils ! Nous les avons entendues, Il s'est levé de son siège. Puis en venant il a mis de l'eau dans une chose et l'a fait rentrer dans un sac avec une petite queue d'animal, puis il a sorti l'eau, l'a versée sur la queue de cheval, a mis celle-ci sous le nez de sa mère et l'a tapotée avec. La vieille a éternué, s'est levée et s'est assise. Les gens se sont écriés Hé ! Zié le menteur a tué sa mère et l'a ressuscitée ! Non ! Vraiment Zié le menteur, ajouta 1.e roi, tu ne dois pas emporter chez toi tes choses à ressusciter les gens ! Rien à faire, répandit Zié, nous sommes venus ici pour rendre un jugement, quant à ça, je ne te le vends pas je l'emporte avec moi. Mais Zié, reprit le roi, le jour où mes hommes vont mourir, est-ce qu ils resteront comme ça? Bien sûr, répondit Zié, ça se passera comme ça. Le jour où un des tiens mourra, il sera mort. C'est moi qui ai tué celle-ci et l'ai réveillée, aussi je ne te donne pas ma « chose ». Le roi a demandé à l'Alimami de supplier Zié de lui vendre ses choses à ressusciter les gens. (R) Si j'étais à côté de toi, est-ce que tu m'aurais vu ? (Le conteur) - Je t'aurai encore donné de l'eau. (R) Pendagana je parle à mes frères 4 Pendagana, pendagana ne, je parle à mes frères Lièvre a fait tomber Eléphant pendagana pe, pendagana pe, Lièvre a fait tomber L'léchant pendagana pe, pendagana pe, Ecureuil a fait tomber L'léchant, pendagana lie, pendagana ne. Le conteur : Barra, écoute ! Après avoir dit ça, l'alimami est allé lui parler. Zié a dit Bien ! Puisque c'est toi, l' alimami, qui t’est mis en avant pour me parler, je vais lui vendre mes choses à ressusciter les gens, mais que désormais mon nom ne soit plus mêler à cette affaire Le roi a dit : « Oui vends-les moi tout simplement ». Zié a ajouté, « Ce n'est pas grave, je ne lui réclame pas beaucoup d'argent, ce n'est qu'une chose qui ressuscite les gens, j'avais ça dans ma cour, et le jour où mon enfant est mort, je l'ai ressuscité avec. Depuis que le roi est mort, aucune autres funérailles n'a eu lieu chez moi et ne vous ont été annoncée ; les gens qui meurent dans ma cour, je les ressuscite. Voilà le rôle que cette « chose » jouait chez moi. C'est un génie qui me l'a donnée en brousse. Bien ; puisqu'il en est ainsi, je vais lui vendre ; donne-moi trois cent mille francs pour ça ». Le roi a compté trois cent mille francs et les a donnés à l'alimami qui les a remis à Zié. Il a pris l'eau simple, lui a mis dans sa main et lui a tourné le dos. (R) Dis que c'est un médicament, ce n'est pas de l'eau simple. Ecoute ! Le lendemain, le roi a réuni les gens et leur a dit : « Hé ! Si Dieu le permet je vais tuer des personnes que je réveillerai le lendemain ». Les gens sont arrivés, ils sont venus se rassembler. Quand ils se sont rassemblés, il y avait la fille du roi, sa mère, sa grande soeur, il y a ajouté même son père. (R) Si j’étais à côté, de toi, tu m'aurais vu. (Le conteur) - Je t'aurai aussi donné de l'eau. (R) a dit - Petite chose gonflée branlante 5 Petite chose gonflée branlante Petite chose gonflée branlante Petite chose gonflée branlante Poursuis ton histoire ! (Le conteur) - Voilà donc comment ils étaient, ils ont continué à se rassembler. Le lendemain matin il a appelé les gens ; un griot a annoncé que le roi allait tuer des gens et les ressusciter. Vous n'avez jamais vu de chose extraordinaire, mais demain devant vous il en fera une extraordinaire ! Ecoute ! A pris sa mère ; l'a étendue par terre égorgée, il a étendu son père et l'a égorgé, sa fille qui était là, il l'a couchée et l'a égorgée, il a étendu par terre même sa grande sœur et l'a aussi égorgée, il s'est arrêté à quatre personnes. Les autres ont crié : « Le roi a tué ses parents, le roi a tué ses parents ! ». «Mais, on va les ressusciter, dit le roi, laissez- nous maintenant continuer notre causerie ! Ecoute ! Il s'est levé et s'est arrêté au-dessus de la tête de son propre père, a versé un peu d'eau sur lui et l'a secoué, l'a secoué', l'a secoué sans succès, il ne s'est pas réveillé ; il s'est approché de sa mère et l'a secouée, secouée jusqu'à ce que toute l'eau soit épuisée. Écoute bien ! Une clameur s'est élevée dans la cour Le roi a tué ses parents ! Le roi a ordonné à ses esclaves : « Allez attraper Zié le menteur, attachez-le et apportez-le moi ici, aujourd’hui sera appelé « jour de mort ». Ils se sont encore mis en route pour aller attraper Zié le menteur. Celui-ci a dit : - Hé ! Ce roi me fatiguera donc toujours, je lui ai pourtant dit tout ce que j'avais à dire, mais il revient encore me chercher querelle. Tant pis ! J'ai compris, laissez-nous partir. On a brusquement fait tomber Zié le menteur, on l'a couché dans une hotte d'osier 6, on l'a attaché... (R) - Bien serré. Bon et on l'a donné aux esclaves, en leur disant « Quand vous serez arrivés, lâchez-le dans le fleuve ». Or, de la sortie du village jusqu'au fleuve, il y avait une petite route sur laquelle passaient des vendeurs de dolo7. Quand les esclaves furent arrivés au bout du chemin, ils ont descendu Zié et l'ont laissé sur une petite piste pour aller à l'endroit où on boit du dolo. Peul, d'où viens-tu ?8 : Il était en train de surveiller des bœufs et avançait en leur criant « Keyi alabon !9 ». Zié disait : Vous dites que vous allez donner le pouvoir à quelqu'un, or moi je n'ai rien, et vous allez me donner le pouvoir: je serai un roi sans bien, que gagnerai-je dans cette affaire, moi, misérable avec un royaume ! Le Peul a demandé : « Mais Dioula, que dis-tu ? Peul, reprit Zié, ils disent qu'ils vont me donner le pouvoir, moi je leur ai dit que je n'acceptais pas, alors ils m'ont brusquement fait tomber en disant que c'est moi qui devais être roi. » - Alors, c'est donc ça que tu refuses, dit le Peul, mais si je te détachai et si je prenais ta place, accepterais-tu que je sois roi ? Oui J''accepterai, répondit Zié. Le Peul l'a détaché, écoute bien ! , et s'est bien préparé pour se coucher dans le grand panier ; Zié l'a attaché bien serré et est allé grimper sur un grand arbre en attendant les buveurs de dodo. Ils ont quitté l'endroit où ils buvaient et sont arrivés en titubant: Hé toi, espèce de con de chien, aujourd'hui, Aujourd’hui, si Dieu le permet, tu vas comprendre qu'aujourd'hui tu vas être jeté dans l'eau. Le Peul s'est écrié : « Mais non ! Ce n'est pas Zié le menteur ! », Un des esclaves a dit : « Ce n'est pas Zié le menteur ! Même si aujourd'hui tu as parlé peul, tu ne sortiras pas, tu seras jeté aujourd'hui tu comprends ? - N'as-tu pas dit que tu voulais tire roi, eh bien aujourd'hui tu vas être comblé ». Le Peul insistait : « Hé ! Ce n'est pas Zié le menteur ! » L'autre reprenait : «Mais c'est toi, même si tu parles le langage des bandits ! » Ecoute ! Les esclaves ont pris le Peul, l'ont emmené, ils l'ont sorti du sac et l'ont aussitôt, lâché dans le fleuve. A la nuit tombée, Zié le menteur a pris la garde des bœufs, les a poussés devant lui et les a amenés jusque derrière sa maison et il a dit à sa mère «Bon, ma mère, cache-moi, pendant dix ans je vais rester chez toi dans cette maison ici, ne me laisse pas voir hein ? Quant aux bœufs qui sont là, cherche quelqu'un pour les garder... (R) - Pour les surveiller. … nous avons de l'argent ici, nous le paierons au fur et à mesure. » (R) -. Il a de l'argent. Sa mère est allée chercher un Peul et l'a mis à la tête du troupeau. La mère de Zié le menteur l'a caché. Dix ans se sont écoulés. Elle l'a fait sortir. Le matin sa mère est allée chercher un cheval et l'a acheté, elle est allée aussi chercher un boubou blanc et l'a cousu. Tu écoutes ? Or à cette époque-là, il n'y avait pas d'allumettes comme ça, il n'y avait pas de briquet, pas de miroir, pas de peigne non plus. Elle a acheté un peu de tout ça et les a donnés à Zié. Le vendredi matin, il s est bien préparé et est monté sur le cheval ; quand il passait, certains disaient : « Mais ! N'est-ce pas Zié le menteur ? » Ils se disputaient là- dessus, certains disaient « Ce n'est pas lui » ; d'autres disaient « c’est lui ». (R) Ce qui a été mis dans le marigot. Ce qui a été mis dans l'eau peut-il en ressortir Ecoute ! Il est monté sur le cheval et est allé descendre de nouveau dans la Cour du roi. Le roi s'est exclamé : - Hé ! Zié le menteur ! - Oui, a-t-il répondu. Le roi : « Est-ce que tu es revenu ? » - Toute chose que Dieu n'a pas voulu, ne peut pas se faire, répondit Zié, oui c'est bien moi qui suis auprès de toi comme ça. (R) - Moi, bien vivant. - Quoi ! s’écria le roi. - Tes mères qui sont décédées, te saluent, dit Zié. Mes mères? Oui, a répondu Zié, en effet vous quand vous m'avez pris, vous êtes allés m'installer dans le bonheur, j'aime mieux rester un seul jour dans ce royaume qui est sous l'eau que vingt ans ici comme ça. Sapristi, dit le roi est-ce que, toi, Zié le menteur, tu ne me laisseras pas aller voir mes parents et les saluer ? Tes parents sont morts, répondit Zié, ils te saluent et il sortit le miroir et le donna au roi en disant « Ta mère dit que je te remette ça ». Le roi l'a pris et s'est regardé dedans, Zié a sorti le briquet, l'a frotté, le feu est sorti : «Ta grande sœur m'a donné ça pour toi » puis il a sorti les allumettes les a aussi frottées, le feu est sorti : « ton père dit que je te remette ça, ajouta Zié, quant au peigne, c'est ta petite sœur qui l'a donnée. Hé, Zié le menteur, supplia le roi, s'il te plait, je vais aller moi-même passer ne serait-ce qu'une journée et revenir. - Au nom de Dieu, roi répondit Zié, si je quitte l'endroit où je suis ici, si je me lève d'ici, aujourd'hui, c’est pour retourner là-bas. Le roi demanda: « Je te supplie, laisse-moi aller passer une Seule journée pour voir mes parents, puis revenir ensuite. Ton affaire, répondit Zié ne peut plus s'arranger- Ah ! , dit le roi … Ca ne se peut pas, reprit Zié. Ils ont supplié, supplié Zié le menteur. -Bon, finit par dire Zié, j'ai compris, si tu pars passer cette nuit même avec eux, demain matin tu reviendras me trouver ici. Le roi demanda encore « Je t'en supplie, s'il te plait, laisse-moi partir plus tard, car si je pars cette nuit même, le sommeil va nous prendre, et nous n'aurons pas la possibilité de bavarder, c'est pourquoi, laisse-moi partir demain matin ; je reviendrai le surlendemain dans l'après-midi ». Zié a répondu «J’ai compris ». Zié le menteur a de nouveau pris son cheval et est rentré dans la cour. Le lendemain matin, à l'aube aimée de Dieu, il a permis aux esclaves d'aller prendre un taureau, ils Se sont dépêchés de le mettre à terre, de l'égorger et ils ont fait un sac avec sa peau et ont étalé des draps à l'intérieur. Écoute bien ! Ils ont fait entrer le roi dedans et l'ont couché. Ils se sont dépêchés de l'attacher encore. Zié a pris son cheval et s'est mis devant les autres en faisant kaga, kaga, kaga, puis il s'est arrêté au bout du marigot en disant : « Est-ce que ce n'est pas l'endroit où vous m'avez jeté ? » Les autres répondirent : «Oui ». Le roi est dans la peau. - Salue tes mères, roi ! - Hou, hou, dit-il. -Salut tes pères, roi ! -Hou, hou dit-il. Écoute bien ! Zié a dit : «Bien, esclaves, enlevez vos mains de ça » Ils ont retiré leur main du sac où était le roi et l'ont jeté dans l'eau. Même demain, et après demain il n'est jamais revenu. Aujourd'hui encore ce sont ces mêmes menteurs qui sont ici. J'ai remis le conte là où je l'ai pris. (R) - Merci Diabagaté ! 10 Dit par Diabagaté Bassounkari. 1. Ce chant est destiné à illustrer la situation dans laquelle se trouve Zié : l'oiseau laid mais agréable cependant. Est la transposition du personnage. 2. Ce motif de la roche qui avale un jeune homme est emprunté, à un autre conte très connu chez les Dioula. Ce chant est encore une transposition de la situation d'un des personnages du conte : c'est le roi ici qui est en train de se faire avoir par Zié, c'est pourquoi le répondant chante sa misère. 3. Le sengere est une boule de farine non cuite. 4. Ce chant dont certaines paroles ne signifie rien, même en dioula, est dit ici encore tout à fait à propos : c'est le triomphe du lièvre « Ecureuil sur Eléphant! » comparable à celui de Zié sur le roi et dit. 5. Ce chant évoque le sexe masculin. On ne voit pas très bien pourquoi il apparaît ici. 6. Il s'agit d'un grand panier en osier, ajouré dans lequel on transporte des noix de cola ou des cabris. 7. Le dolo est une bière de mil très appréciée dans le nord de la Côte- d’ivoire. Cette boisson comme toute boisson alcoolisée est interdite aux Dioula musulmans. 8- Tournure habituelle pour présenter un nouveau personnage. 9. C'est le cri qu'emploient les Peuls pour faire avancer leurs troupeaux. 10. Le répondant lance le nom du conteur à la fin du conte pour le louer et le remercier Date de création : 18/09/2006 @ 01:08 Réactions à cet article
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